Une jolie photo dont je suis fière !

Une jolie paquerette perdue sur une montagne rocailleuse... A vous d'interpréter... Moi je sais !
Une jolie photo dont je suis fière !

# Posté le lundi 23 juin 2008 06:08

Forcément, les elfes ça vole, eh oui !

Forcément, les elfes ça vole, eh oui !
Ben, moi, j'ai une tite soeur magique, elle vole !!! :p

# Posté le lundi 23 juin 2008 06:07

La madame coiffeuse elle m'a lissé les ch'veux !

La madame coiffeuse elle m'a lissé les ch'veux !
Voilou, avant d'aller au mariage, et ben, j'avais les cheveux tout bien lisses et brillants !! ;)
Ca c'est du nawak, mais vrai quand même. Oulala, Lola !!!

# Posté le lundi 23 juin 2008 06:04

Je voulais...

Je voulais mettre ma chanson, et peut être même les autres... Mais l'informatique parle chinois, ou alors je n'ai pas le bon format, ou je suis nuUlle et puis voilà...
Moi j'voulais plein de trucs ; vivre un CONTE DE FEE et puis être ce dont je rêvais...
Mais je suis trop incapable, parce que y'a des trucs INACCESSIBLEs, et puis on est TOUS DES HUMAINS, je crois...
J'en ai marre d'être SEULE je voudrais trouver MON BUT, parce qu'un REVE DE FEE c'est beau mais c'est impossible à réaliser...
Même si les bonbons, C'EST SCHTROUMPF'MENT BON, ben, C'EST SUR qu'il faut vivre avec et sans...
Peut être que JE SUIS FACE A LA MER, je ne comprend pas l'IMPROVISATION de la vie et puis je dois en oublier plein...
Vous vous comprenez sans doute rien à mon charabia, mais moi, je sais que tous les GRANDS MOTS sont mes chansons, et puis si vous comprenez toujours pas, comptez pas sur moi pour vous expliquer la vie... J'y arriverai pas.


[merci quand même d'être là...]

Merci aussi à ceux qui écoutent mes essais et qui n'osent pas me dire que c'est moyen, parce qu'il faudrait pas me décourager, quand même, et puis mercii à mon papa parce qu'il suit mon parcours de quasifuturemêmesic'estpaspossible chanteuse. Rooo et puis j'vous aime. Na.

# Posté le samedi 26 avril 2008 05:36

Il était une fois... suite

Les deux tourtereaux s'endormirent ensembles. Le lendemain matin, trois petites femmes tirèrent Lolartifice du lit avec énergie, lui retirèrent le tissu brunâtre qui couvrait son corps et nouèrent une sorte de paréo troué qui descendait jusqu'aux pieds autour de son épaule. Pendant que deux des demoiselles lui attachaient des bouts de paille grossiers autour des poignets, la troisième tripota ses cheveux pendant dix bonnes minutes. Enfin, Lolartifice fut placée devant un miroir gigantesque et encore une fois, elle ne se reconnu pas. Une longue robe noire moulante épousait ses formes avantageuses et scintillait au moindre de ses mouvements. Ses longs cheveux avaient été arrangés en un chignon parsemé de poussière d'étoile. Un collier de diamants ornait ses frèles épaules qu'un léger courant d'air fit frissonner. Aussitôt, les petites dames se précipitèrent et ajoutèrent des manches en voile noir à la tenue de la jeune fille.
Elle poussa une exclamation discrète qui réveilla tout de même Raphaël. Lorsqu'il ouvrit les yeux, il secoua la tête. Mais ce qu'il voyait n'était pas une apparition, c'était bel et bien Lolartifice. Elle lui sourit mais fut entraînée en dehors de la chambre. Pendant que le jeune homme était habillé par des elfes miniatures, l'adolescente parcourait le Palais merveilleux et arriva enfin auprès du Roi.
"Bonjour, jeune fille. Tu es une nouvelle recrue, n'est-ce pas ?
- Oui, je viens juste d'avoir seize ans. annonça t-elle, regardant autour d'elle, ébahie par tant de splendeurs
- Bien. C'est toi qui a reçu des ailes ?
- Oui, Monseigneur. Pensez-vous que ce pouvoir puisse vous être utile ?
- Certainement. Mais j'espère que tu ne t'offenseras pas si je te demande de me les faire voir afin de vérifier que tout ceci est vrai ?
- Non, pas de problème. Je peux même sûrement vous faire une démonstration de vol."
La jeune fille n'eut même pas besoin de se concentrer, car elle commençait à s'habituer. Lorsque le frémissement familier se fit sentir, elle ferma les yeux pour s'envoler.
" Parfait. Je pense en effet que tu peux nous aider. Viens, approche et écoute. Voici ce que tu vas faire..."

Quelques minutes plus tard, la jeune fille rejoignit le jeune Prince. Il la regarda avec une telle intensité qu'elle comprit qu'il ne pouvait plus lui parler. Raphaël la prit par la main, et l'entraina dans une grande pièce, transparente, bien sûr, au milieu de laquelle ils s'assirent côte à côte. Puis Barbatrouc les tira de leur douce rêverie pour les emmener de nouveau auprès du Roi.
" Chers enfants, comme vous le savez, notre situation est délicate. Les elfes prévoient de nous prendre d'assaut car ils envient le trésor des Nains. De plus, vous avez remarqué que notre château est dans une sorte de bassine ; ils n'auront aucun mal à nous abattre. Lolartifice sait déjà la nature de sa mission. A toi de connaitre la tienne, Raphaël. A l'aide des pouvoirs de notre sorcier, nous allons temporairement te transformer en elfe, afin que tu entres dans leur domaine sans qu'ils ne se doutent de rien. Lolartifice, suis Barbatrouc une dernière fois, Raphaël, je vais te conduire au sorcier.
Les deux jeunes gens se séparèrent donc. Le Prince suivit le Roi dans un dédal de couloirs lumineux, puis descendit de nombreux étages pour entrer dans une grotte souterraine au milieu de laquelle brûlait un feu gigantesque. Le jeune homme regarda autour de lui. Il ne voyait ni vieillard, ni rien qui pouvait ressembler à un sorcier.
"Oliver ! Sortez ! J'ai besoin de votre aide !"
Une vive explosion de chaleur entoura le Prince. Lorsque la fumée se dissipa, le jeune homme découvrit un tout petit, minuscule, bonhomme, qui semblait pourtant âgé. Le plus curieux était sa barbe de flammes et son crâne chauve, tout rond !
Le sorcier s'approcha des deux hommes, s'inclina avec respect et se retourna vers le Roi.
"Cher Oliver, j'aurais besoin que tu me transformes ce jeune garçon en elfe pour une durée minimum de deux jours. Est-ce possible ?
- Bien sûr, Votre Majesté. Laissez-moi le temps de me munir des ingrédients nécessaires à la transformation."
Le petit homme disparut au fond de la grotte. Des bruits de verre entrechoqué se fit entendre, puis le sorcier apparut de nouveau, l'air peiné.
"Oh... J'ai un soucis de la plus haute importance, mon Roi... Il me manque une pétale de fleurs des rivières.
- Nom d'un nain sur roulettes ! Comment cela est-il possible ? s'énerva le Roi des Nains
- Majesté, depuis votre propre transformation en papillon pour espionner les elfes, je n'ai pas pu remplir mes réserves !
- Tu m'as métamorphosé il y a pourtant des mois de cela ! Comment faisons nous à présent ?
- Monseigneur, peut-être pouvons nous envoyer un citoyen chercher cette fleur ? C'est la saison il me semble, on doit la trouver facilement près des cours d'eau environnants !
- Certes... Qui puis-je envoyer ?
- Moi. Je me ferais un plaisir de cueillir cette fleurs des rivières pour ma transformation, Sir. annonça le jeune Prince
- Bien. C'est donc toi qui iras. Par delà la côte que tu peux apercevoir au loin, se trouve une petite rivière.
- Bien ! J'y vais. déclara Raphaël.
- Attend, malheureux ! Prend tout de même cette épée, puis la fleur doit être mise sous cette cloche de verre avec le pied dans l'eau, sinon, elle mourra. A présent, cours !"
Le prince ne se le fit pas dire deux fois et gravit les marches qui le menait à la surface. Il monta encore plusieurs étages. Ce ne fut que lorsqu'il fut arrivé tout en haut de l'Empire des Nains qu'il s'arrêta. Un grand balcon aménagé se composait d'un tremplin et de deux ailes prêtes au décollage. Raphaël les attacha dans son dos, vérifia les sangles, s'élança, et sauta dans le vide, le magnifique Palais transparent dans son dos...

Grâce aux différents courants d'air, le jeune homme survola la cote et surplomba un moment un minuscule filet d'eau avant de repérer les eaux tumultueuses de la rivière. Alors doucement, il saisit un courant descendant et se pose délicatement le long de la berge. A ses pieds, se trouvent des millions de toutes petites fleurs blanches, éclatantes.
Il en prend une entre ses deux doigts fins et la met sous la cloche de cristal, le pied dans l'eau, comme le lui avait indiqué le Roi. Le tout ficelé sur son ventre, il prend appuit sur ses jambes, et s'élance dans le ciel. C'est alors qu'un aigle noir immense surgit et resserra ses griffes puissantes sur les épaules de Raphaël...
Lolartifice, elle, ne semblait pas vraiment préoccuppée par sa mission. Toutes ses pensées étaient dirigée vers le Prince. Quelle injustice ! Encore une fois séparés ! Au dessus d'elle, alors qu'elle voltigeait de fleur en fleur, un aigle vint cacher le soleil et couvrir d'ombre les prairies paradisiaques. Mais il passa sans plus s'attarder, et disparut derrière une montagne imposante. Pourtant, elle avait un pressentiment...
Il était ténu, mais bien présent. N'avait-elle pas aperçu une silhouette se débattant entre les serres crochues de l'oiseau ? Inquiète, elle décida de le suivre. Poussant ses ailes à battre au maximum, et abandonnant pour l'instant sa mission, elle traversa le ciel en un éclair et suivit l'aigle à une distance respectable. C'est alors qu'elle le reconnut. Raphaël ! Poussée par l'adrénaline, elle accéléra encore et ralenti lorsqu'elle ne fut plus qu'à une dizaine de mètres derrière l'énorme bête.
"Raphaël ! "
Il tourna des yeux furieux sur elle, et ses traits s'apaisèrent quand il la vit, avant de devenir inquiets. Elle lu dans ses prunelles qu'il voulait lui répondre, la mettre en garde, et la torture apparente qui l'empêchait de s'adresser à elle était palpable. Elle battit des ailes encore plus vite, et silencieusement, voleta à côté des serres de l'animal qui ne la voyait pas encore. Avec stupeur, elle remarqua que les crochets de l'oiseau s'enfonçaient dans la peau du jeune homme, et la chemise qu'il portait se teintait quelque peu de rouge. Horrifiée, elle eut un geste qui la perdit. Elle essaya de desserrer la prise de l'aigle sur le Prince. A peine y eut-elle touché, que l'oiseau pencha son bec immense vers elle, et l'ouvrit, poussant un cri strident . Lolartifice n'eut pas le temps de s'éloigner, si bien que l'animal la saisit par ses ailes fragiles, ce qui lui tira un cri à elle aussi, dans laquelle la douleur était si terrible que Raphaël grimaca et essaya de se dégager, remettant à plus tard sa propre douleur.
L'aigle agita sa forte tête, la jeune fille inanimée toujours dans son bec et la laissa tomber, avant de resserer son étreinte sur le jeune homme, abattu...

Lolartifice sentit le vent passer dans les déchirures de ses ailes, impuissante, et se laissa tomber. Etrangement, sa mort ne lui faisait pas peur. La seule chose qu'il lui importait était de savoir comment allait s'en sortir Raphaël. Alors, non. Elle ne pouvait pas mourir maintenant. Elle devait l'aider. Si il avait réussi à combattre l'ordre maléfique de son père, alors c'était à elle de combattre. A elle de l'aider. Pour une fois. Faisant désormais face au sol qui s'approchait à une vitesse effarante, elle décida de s'aider des courants pour atteidre le sol plus doucement. Malheureusement, c'était un jour sans vent. Seule une petite brise tiède ébouriffait ses cheveux. A moins que ce ne fut la vitesse de sa chute. Inexorablement, la terre se précipitait vers la jeune fille, qui commencait à avoir peur. Elle comprit donc qu'elle devrait faire face à la douleur. Seule. Heureusement, un grand arbre vert étendait de larges feuilles tendre vers le ciel. Lolartifice était soulagée, du moins, jusqu'à ce qu'elle comprit qu'elle était trop loin, que la plante ne lui serait d'aucun secours. Elle ferma les yeux et se résigna. Elle envoyait de grandes prières pleine d'excuses à Raphaël, quand une feuille énorme se précipita vers elle et la goba.
Pendant ce temps, le jeune Prince endurait de terribles souffrances, emprisonné dans les serres de l'animal géant. C'est alors que l'aigle s'approcha d'une falaise et entra dans une cavité enchassée dans la pierre orange. Il jeta le jeune homme sans plus de ménagement sur un nid de plumes noires crasseuses. Venant du fond de la grotte, une voix de velour l'interpella :
" Alors, jeune Prince ! On cueille des fleurs ? Comme c'est mignon ! "
Une jeune femme au cheveux bruns cascadant, lisses comme des fils de soie, sur des épaules d'une blancheur d'ivoire, s'approchait, se déhanchant plus que nécessaire. Ses paupières étaient noircies par un far charbon. Ses lèvres pulpeuses, peut-être un peu trop, étaient réhaussées par un rouge soutenu, tandis qu'un foulard noir était noué autour de sa poitrine généreuse, et un pantalon en cuir, noir toujours, moulait des formes à en faire baver n'importe quelle fille. Elle marchait toujours vers Raphaël, les pieds fins dans des sandales rouges aux talons vertigineux.
"Ne t'inquiète pas, mon ange. Je suis là pour t'aider. Ton méchant père t'a infligé un sort cruel, n'est-ce pas ? Sais-tu que j'ai hérité d'un Don magnifique ? Je suis capable de délier les sorts. Alors, comme je suis extrèmement généreuse, je te délivre de l'interdiction de parler à la jeune fille de ton coeur. Qu'est-ce que l'on dit à sa sauveuse ?
- Merci... balbutia le Prince, encore étonné de cette apparition.
- Bien. Maintenant, tu dois me rendre un service pour me remercier. Vois-tu, le fait qu'une jeune fille ai reçu le Don Suprème m'agace un tantinet. Alors, mon chéri.....
TUE LA !

La jeune fille scrutait l'intérieur de la feuille dans la pénombre. Elle n'osait pas bouger. Le long de ses flancs, pendaient tristement les lambeaux de ses belles ailes. Elle se demanda si un jour elle pourrait voler de nouveau, puis se ressaisit. Pour l'instant, elle devait s'occuper de sortir d'ici pour voler au secours, expression malheureusement révolue, de celui qu'elle aimait. L'intérieur de la plante était creux. Elle aurait pu trouver l'endroit confortable si elle n'avait pas était gobée, et si elle n'était pas pressée.
Elle tâta sa prison d'une main hésitante, puis caressa carrément la feuille. Distraite, elle réfléchissait, quand elle sentit sous elle un frémissement. La feuille avait frémit ! Lolartifice comprit vite que la plante était sensible aux douceurs et était sujette au rire face aux chatouilles. Gratouillant de plus belle, la jeune fille reprit espoir. C'est alors que la plante rendit les armes. Elle se déroula, le soleil éblouissant la jeune fille. Enfin libre.
Beaucoup plus loin, et plus haut, Raphaël se leva. Il était déchiré. Son corps commençait à répondre à l'ordre de la femme brune, tandis que son c½ur hurlait sa douleur et son désaccord.
« Bakus ! Soulage et rapproche notre ami de sa destination ! »
Le grand aigle noir se fit un passage, maladroitement, dans cet espace trop étroit pour lui. Il ouvrit grand son bec à quelques centimètres de la tête du Prince, encore sous le choc de l'ordre à accomplir. L'oiseau laissa tomber une goutte de salive noire et malodorante sur chaque épaule meurtrie de Raphaël. Immédiatement, les blessures se refermèrent jusqu'à devenir deux cicatrices blanches. L'aigle ouvrit une serre, pour le saisir, délicatement cette fois, puis le posa sur son dos, sur la crasse de ses plumes.
L'aigle prit son élan, et s'envola.

Lolartifice, elle, dégringolait du grand arbre, soulagée de ne plus être confinée dans cette feuille étouffante. Elle découvrit autour d'elle un espace désolé et ravagé par la chaleur. Chaque plante étendait douloureusement ses branches brûlées. Seul l'arbre qui l'avait emprisonnée donnait l'impression de ne pas être à sa place, tant ses feuilles étaient vertes et grasses. Remettant à plus tard son inspection des lieux, la jeune fille entreprit de marcher dans cette immensité désertique, dans la direction que l'oiseau avait prise.
Ses ailes brisées la faisaient souffrir le martyr, elle n'était même plus capable de les rétracter, heureusement, elle pouvait tout de même se servir de ses bras ! Chaque pas lui tirait une grimace, des lambeaux transparents et brillant se cognaient à ses jambes. Sur son front perlaient des gouttes de sueur, lorsqu'une ombre immense recouvrit le ciel et la protégea du soleil. Cette situation lui procura une situation de déjà vu, et, levant les yeux, elle tressaillit en reconnaissant l'aigle noir. Il lui jeta un regard perçant, puis entreprit une descente en piqué. Affolée, la jeune fille hurla, et se plaqua au sol. Mais Bakus ne lui fit aucun mal, et se posa à ses côtés, le jeune Prince à présent à terre.
Dès qu'elle l'aperçut, Lolartifice poussa un cri, de joie cette fois, et se précipita dans ses bras, pendant que l'oiseau s'envolait de nouveau. La jeune fille, qui s'attendait à une étreinte chaleureuse, s'écarta de Raphaël lorsqu'elle réalisa qu'il ne répondait pas à sa démonstration.
« Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? Je sens mauvais ? demanda t-elle, inquiète.
- Non, répondit le jeune homme d'une voix tremblante.
- Mais ! Tu parles ?! C'est formidable ! »
Mais le Prince n'avait pas envie de la voir. Il entendait encore les mots de la belle femme brune. Le « Tue la ! » ne cessait de se répercuter dans ses oreilles, de lui vriller les tympans.
Lolartifice ne comprenait pas pourquoi il était si distant. Tout poussait à croire dans ses expressions qu'il se battait avec une force plus puissante que lui. Il n'allait pas tarder à abandonner.
« Tu ne m'aimes plus, c'est ça ? Tu m'en veux parce que je n'ai pas réussi à te sauver des griffes de ce machin volant ? »
Les mots de la jeune fille étaient presque une supplication. Ils attendaient d'être démentis. Mais Raphaël aperçu dans cette phrase désespérée une échappatoire.
« Oui, Lolartifice. Je ne t'aime plus ! Je ne t'ai jamais aimé d'ailleurs ! C'est encore une mission donnée par mon père ! Je t'ai menti sur toute la ligne ! Tu es encore tombée dans le panneau ! Tu es une incorrigible naïve ! » hurla t-il, en luttant contre les larmes.
Les yeux dans le vague, les cils déjà mouillés, les joues déjà humides, la jeune fille ne fit aucun mouvement. Aucun geste, même lorsqu'il se retourna et qu'il commença à s'éloigner. Comment cela était-il possible ? Non, il n'avait pas menti, elle en était sûre. Mais pourquoi cet abandon brutal, alors ? Elle ne pouvait s'empêcher de laisser couler l'eau salée sur ses joues. Elle ne sentait même plus la douleur de ses ailes déchiquetées. Ce n'était pas possible. Pas possible. Reprenant ses esprits, elle le rattrapa.
« Non, Raphaël, tu ne peux pas me laisser comme ça ! Tu ne m'as pas menti, j'en suis certaine ! Que caches-tu ? Tu peux me le dire ! Tu sais que tu peux tout me dire ! »
Il se retourna, ses prunelles dorées ravagées par le chagrin. Quand Lolartifice comprit le désarroi du Prince, elle l'enlaça.
« Je t'aime, Raphaël. Dis-moi. » susurra la jeune fille.
Mais il n'était pas en mesure d'entendre quoi que ce soit. Dans sa tête résonnait des mots nouveaux. La femme brune parlait. Instinctivement, il plaça ses bras autour des épaules de la jeune fille, l'incitant donc à poser sa tête contre son torse. Elle ferma les yeux, rassurée, tandis que Raphaël vit avec effroi un poignard se matérialiser dans sa main droite. Quand il comprit ce qu'il était censé en faire, il frémit. Mais déjà son bras se tendait, et la pointe aiguisée de l'arme se rapprochait du cou de Lolartifice. Il luttait, s'acharnait contre cet ordre horrible. Ses forces s'épuisaient, et le tranchant était à présent en contact avec la peau de la jeune fille. Elle ne sentait pas encore la douleur, mais déjà un fin filet de sang coulait dans son dos...
C'est alors qu'un tourbillon noir et cuir les éloigna l'un de l'autre. Le jeune Prince fut expulsé à quelques mètres, tandis que Lolartifice se retrouva dans les bras d'une grande femme brune à la beauté fatale.
« Heureusement que je suis intervenue, mon ange ! affirma t-elle avec un sourire éblouissant.
- Pourquoi ? demanda la jeune fille, encore ébahie par se retournement de situation.
- Quoi ? Ne me dit pas que tu n'as rien senti ? Si ?! Oh, mon pauvre ange ! s'exclama t-elle, faussement maternelle.
- Ne la touchez pas ! » s'exclama Raphaël. Sa voix se fit soudain plus enjôleuse, lorsqu'il affirma :
« Vous allez vous éloigner, et nous laisser. Je ne marche plus dans votre petit jeu.
- Mais, mon chéri, tes accents de persuasion n'y ferons rien ! Je suis immunisée ! En attendant, je crois que tu dois des explications à cette jeune fille !
- Quoi ? Que se passe t-il ? Pourquoi est-ce que je n'y comprends rien ! demanda Lolartifice, perdue.
- Ton Prince Charmant s'apprêtait à t'ôter la vie, on dirait, formulèrent tranquillement les lèvres vermeilles de la femme.
- Raphaël ? Non, ça ne peut pas être possible.
- Ah bon ? Alors regarde ce qu'il a à la main, puis essuie le sang qui coule de ta nuque, mon ange ! » suggéra t-elle.
Lolartifice obtempéra, et vacilla lorsqu'elle observa ses doigts tachés de rouge. Effarée, elle leva les yeux vers Raphaël, immobile, le poignard dans la main, les yeux suppliants.
« Je ne comprends pas... Je... Je ne comprends vraiment rien... Aidez-moi...
- Je... Lolartifice, si tu m'aimes, aies confiance en moi. Je ne te veux aucun mal, et... Je t'aime...
- Tu m'aimes ? Tu viens de me dire que tu avais mentis ! Que c'était ton père qui...
- Oublies tout ce que j'ai dit, tout sauf que je tiens à toi... Je vais tout te dire...
- Tais-toi ! le coupa sèchement la femme brune, viens ma chérie, je vais te conduire chez moi et te soigner... Viens par là. Enfin, si tu veux bien, bien sûr...
- Oh... Oui... Je crois que c'est la meilleure chose à faire. Adieu, Raphaël. »
La jeune fille jeta un regard perdu vers celui qu'elle aimait, puis se retourna, en suivant la démarche gracieuse de celle qui semblait l'avoir sauvée. Elles marchèrent pendant de longues minutes sans rien dire, quand la grande femme tourna vers la jeune fille son visage ravageur.
« Mais à quoi je pense, moi ! Mon Dieu, viens là, que je soigne ses deux choses qui traînent par terre ! "

Sans plus attendre, la jeune femme sortit de son décolleté un flacon noir opaque.
« Tiens ! Bois ça, ma chérie. Tu vas sûrement avoir un peu mal, mais ne t'en fais pas, je suis là.
- Merci... Comment puis-je vous appeler ?
- Mais je t'en prie ! Tutoie moi ! Mon nom est Annabelle.
- Oh ! Annabelle ! D'accord ! »
L'adolescente saisit la fiole et en bu le contenu en une seule fois, puis s'écroula, inconsciente.
Pendant ce temps, Raphaël était assit sur une pierre orange, la tête entre les mains. Il se sentait inutile et moins que rien. Il avait perdu sa vie, son âme. Cela semblait peut-être exagéré, mais c'est ce qu'il ressentait, donc pour le jeune homme, plus rien ne comptait plus. Il décida de retourner au palais des Nains, afin de penser à autre chose qu'à son échec cuisant pour protéger Lolartifice.
Sa marche fut longue et épuisante, mais il finit par apercevoir la bassine qui contenait le royaume. Il demanda de suite une audience privée avec le Roi, qui avait été fort contrarié de sa disparition.
« Ecoutez, Votre Majesté. Je vous promet que je vous protègerai des attaques des Elfes, si vous m'aidez d'abord à retrouver ma partenaire, exigea le jeune Prince.
- Jeune homme. Je suis impressionné par votre toupet. Vous osez donner des ordres à un Roi !!
- Je... Je ne voulais pas, mais...
- Mais j'aime les gens qui savent ce qu'ils veulent. C'est pourquoi j'ai décidé d'accéder à votre requête. Alors oui, je vais vous offrir mon soutien. Du moment que nous scellons un Pacte.
- Un Pacte ?! Un vrai ?
- Oui, je ne tiens pas à être trahi, même si j'avoue qu'une telle action m'étonnerait de votre part ! Suivez moi.
Le petit Roi descendit de son trône et entraîna le jeune homme parmi des couloirs tous aussi transparents et époustouflants, jusqu'à ce qu'ils atteignent une porte banale, en bois foncé. Ils entrèrent.
« Donnez moi votre bras gauche », ordonna le Roi.
Il saisit une petite lame de verre, très fine, qu'il enfonça sans scrupules sous la peau de l'avant bras de Raphaël. Celui-ci ne pu se retenir de grimacer, mais resta digne. Lorsque la douleur s'apaisa, il osa regarder son bras. Juste au-dessous de son coude, un rectangle blanc se détachait, une croix rouge formée par deux filets de sang en son milieu.
« Voilà. Jurez et mettez moi le mien, jeune homme, demanda le Roi.
- Bien, votre Majesté. »
Raphaël obéit, fit le serment de ne pas trahir sa promesse, le Roi fit de même, et ils s'engagèrent dans de profondes réflexions sur le plan à suivre.
Dans la grotte sombre, les ailes de Lolartifice brillant dans la pénombre, elle et Annabelle discutaient.
« ... Et tu vois, je ne supporte pas de savoir que son père le manipule ! s'emporta l'adolescente.
- Oh, je comprends, oui, mais n'oublie pas qu'il vient d'essayer de te tuer, ma belle !
- Oui, c'est vrai... Je ne comprends toujours pas pourquoi il a fait ça... Mais, bref, excuse moi de te parler de tous mes problèmes. Je devrais plutôt te remercier, j'imagine... Oh, et puis, j'ai une mission à accomplir ! Donnée par le Roi des Nains lui-même ! Je crois que je devrais y aller.
- Mais voyons ! Tu ne peux y aller seule ! Je viens avec toi. Je pourrais t'être utile ! Soyons amies, ainsi, nous pourront compter l'une sur l'autre. »
La jeune fille n'osa pas refuser, et laissa la femme brune l'accompagner.
« Que dois-tu faire exactement ? lui demanda Annabelle.
- Et bien, je dois voler au-dessus du palais des Elfes, et m'y infiltrer. Une fois à l'intérieur, j'ai comme mission de mettre en confiance le Roi lui-même, à n'importe quel prix, afin de le dissuader d'attaquer.
- Mais pourquoi le Roi des Nains n'a pas demandé cela à son fils ? Son Don de persuasion lui aurait facilité la tâche !
- Tu as raison. Cependant, je suis sûre qu'il avait d'autres projets pour Raphaël. Mais je ne suis au courant de rien d'autre. Nous n'avons pas pu nous parler vraiment depuis notre arrivée chez les Nains... »
Une larme perla au bout d'un cil de la jeune fille, grossit, se balança, avant de venir s'écouler sur sa joue, en y laissant un sillon humide. Comment un changement aussi radical avait-il pu se faire entre eux deux en si peu de temps ? Il lui manquait, elle avait envie de voir ses tâches de rousseurs, son sourire tendre, ses yeux dorés, d'effleurer ses lèvres vermeilles...

Raphaël contempla encore une fois son bras. Il était reconnaissant envers le Roi. Il aurait pu, ayant connaissance du mauvais Don du jeune homme, lui ordonner de battre les Elfes, et en faire un pantin. A la place de cela, il avait préféré lui faire faire un Pacte, comme à une personne normale. Mais bref, il devait finir d'organiser les préparatifs de départ, et retrouver Lolartifice. Et vite.
Le Roi avait voulu lui confier pour cela une armée entière, mais Raphaël avait préféré lui demander seulement un moyen de transport, et quelques armes pouvant se révéler utiles. Finalement, comme le Roi insistait, le jeune homme partait avec un Nain ayant le Don d'ôter la parole à n'importe qui. Ainsi, la femme brune ne pourrait pas lui ordonner ce qu'elle voulait.

A présent sur le dos de l'aigle, les deux jeunes femmes se dirigeaient vers le palais des Elfes. Leurs cheveux volaient et brillaient sous le clair de lune qui éclairait désormais le ciel. Lolartifice laissait ses pensées vagabonder, réfléchissant simultanément à sa mission et au jeune Prince, puis rêvant de ses ailes à présent guérie.
Lorsque sous elles, des tours grises dignes d'un mauvais conte apparurent, la jeune fille sut qu'il était temps pour elle de décoller. Elle quitta l'oiseau sans un mot et s'envola sans un bruissement d'ailes.
Grâce à ses facultés développées d'apprentissage, elle connaissait le Palais comme sa poche. Elle ne s'arrêta que lorsqu'elle survola une cour au centre de laquelle l'eau d'une piscine reflétait la lune. Doucement, elle se laissa descendre et effleura la surface de l'eau turquoise avant de se poser à côté d'un buisson aux fleurs fushia. Levant les yeux, elle eut juste le temps de voir disparaître l'aigle noir derrière une tour. Se concentrer, ne pas échouer, ne pas penser : agir.
Regardant autour d'elle, la jeune fille admira le jardin miniature avant de passer sous un porche noir qui était en fait une entrée du palais des Elfes.

Pas si loin que cela, Raphaël récapitulait son organisation au Nain qui l'accompagnerait. Il n'était pas question qu'une erreur, une gaffe, fasse échouer tous ses plans. Lorsque Barboue put réciter chaque instant planifié à venir, le jeune Prince se décida à partir.
Les deux hommes descendirent les nombreux étages du Palais transparent, puis émergèrent de la bassine de verdure, accompagnés de leurs montures ; deux magnifiques Cramoiz's. Leur nom venait bien sûr de la couleur de leurs écailles scintillantes. De la carrure de grands dromadaires, leur long cou ondulait au rythme de leur marche gracieuse. Ils avaient trois yeux, deux aux places habituelles, de chaque côté de leur gueule, et le dernier sur leur nuque, ce qui leur permettait de pouvoir observer à leur guise la personne qui les montait. Leurs quatre pattes aussi fines que des doigts humains ne semblaient pas pouvoir porter leur propre poids. Pourtant, ils étaient capables de soulever quinze fois leur masse pendant de longues périodes sans répit, sans fatigue.
Si leurs écailles leur permettaient un glissement aquatique parfait, leurs immenses pieds palmés leur servaient aussi à marcher sur un sol ductile, mou, comme du sable ou de la neige, sans s'y enfoncer. Leurs grandes pattes les rendaient meilleurs que n'importe quel animal à la course.
Le Nain et Raphaël se callèrent entre leur deux nageoires dorsales, et guidèrent les Cramoiz's parmi l'herbe haute, puis sur le sol brûlé, et enfin sur la roche. Ce n'est que trois jours plus tard qu'ils découvrirent la grotte sombre, vide.

Dans le palais des Elfes, triste à cause de ses pierres grises brutes, Lolartifice filait dans les couloirs, étonnée de ne rencontrer aucune garde, aucun soldat. L'entrée principale était tellement bien protégée, pont-levis, archers dissimulés derrière les murs épais à l'appui, qu'il n'était pas, après réflexion, étonnant que personne ne se méfie. Passant près d'une porte en bois foncé sans un regard, la jeune fille accéléra et tourna à gauche derrière une statue en granit représentant un elfe brandissant son épée. Elle se mit ensuite à courir et s'arrêta nette devant la porte de la chambre du frère de la Reine, a priori le plus facile à convaincre de l'absurdité d'une guerre, puisqu'il se disait lui-même pacifique. Lolartifice fit jouer son épingle à cheveux dans la serrure et tourna délicatement la poignée. Elle entra dans une chambre obscure dans laquelle l'atmosphère était moite et lourde et se retint de se pincer le nez lorsqu'une odeur de renfermé lui sauta à la gorge. Respirant par à coups, elle s'approcha de l'immense lit à baldaquin en velours rouge et effleura le bras de l'homme endormit. Il était essentiel qu'elle lui parle dès maintenant. L'elfe blond sursauta et tourna sa tête engourdie vers elle aussi vite que ses muscles ensommeillés le lui permettaient.
« Qui êtes-vous ? Que faites vous ici ? Que me voulez-vous ? Vous n'êtes pas d'ici ! Ne me faites pas de mal, je ne suis pas le Roi ! Que...
- Chut ! Je vais tout vous expliquer. Serait-il possible d'éclairer cette pièce ?
- Bien sûr. »
Le frère du Roi alluma une torche et trois bougies d'une main tremblante, et se tourna vers Lolartifice, les yeux noirs comme du charbon.
« Je suis une amie des Nains. Je sais que vous vous déclarez pacifiste et je voudrais que vous mettiez ce terme en vigueur. Que vous fassiez vos preuves ! Il est nécessaire pour mes amis de ne pas engager de bataille. Vous et moi sachons pertinemment que la guerre serait gagnée d'avance par votre peuple ! Est-il impossible de vivre en paix, chacun dans son royaume ? Est-ce vraiment trop demander ?
- J'avoue que vous me prenez de court. Même si j'étais tout à fait d'accord avec vous, je n'ai aucun pouvoir ici, mon beau frère dirige tout et ne laisse personne se mettre en travers de son jugement !
- Quelqu'un a-t-il essayé, ne serait-ce qu'une seule fois, de le contredire ?
- Evidemment ! s'énerva l'elfe.
- Quand ? Récemment ? répliqua Lolartifice.
- ... Non, avoua l'homme aux oreilles pointues, il y a des millénaires. Mais le Roi n'a pas changé !
- Bien. Alors c'est vous, qui allez vous opposer au Roi. Vous, et maintenant ! »
Incrédule, l'elfe n'opposa aucune résistance lorsque la jeune fée le poussa dans le dédale de couloirs sombres. Elle s'apprêtait à crocheter la serrure royale, lorsqu'une poigne de fer la saisit par l'épaule et la tira en arrière. Les yeux de la jeune fille se voilèrent et elle en déduit vite que la personne qui était derrière elle était dotée d'un Don d'aveuglement. Impuissante, elle donna quelques coups, puis abandonna. Elle se sentit emportée et le voile se leva quelques minutes plus tard dans une pièce claire. Les murs jaunes l'éblouirent d'abord, avant de l'étonner. Finalement, le palais n'était pas si triste !
Face à elle, les poings sur les hanches, se tenait Annabelle.
« Alors ma chérie ! Qu'allais-tu faire ?
- Ce qui était prévu, Annabelle ! Pourquoi m'en as-tu empêchée ? J'étais si proche du but !
- Ma belle, tu dois apprendre qu'on ne dérange pas un Roi pendant son sommeil, même pour se préserver d'une guerre !
- C'est pire que cela ! Je ne comprends pas ta démarche. Explique-moi !
- C'est très simple. Tu vas rester ici, avec le frère du Roi, je m'occupe de tout. Je vais répandre la nouvelle que vous êtes partis ensemble et que vous ne reviendrez que lorsque les tensions entre les deux peuples auront cessées. Le Roi sera contraint de faire quelque chose : son beau frère est très aimé du peuple. Les elfes le réclameront.
- Oh, d'accord. Mais ne tarde pas ! Merci, Annabelle ! »
La magnifique jeune femme brune s'éloigna, passa la porte et disparut, laissant Lolartifice et l'elfe dans la grande et vide pièce jaune.
Annabelle marchait d'un pas rapide vers la chambre du Roi. Discrètement, elle frappa cinq coups à la porte, qui s'ouvrit ensuite d'elle-même.
« Ma chère Annabelle, s'exclama le Roi des Elfes, qui paraissait jeune malgré ses trois millions d'années, je suis heureux de vous revoir ! Avez-vous réussi à faire disparaître cette jeune personne au Don Suprême ?
- J'allais le faire, Votre Majesté, elle est dans votre palais, le Roi des Nains l'y avait envoyé, mais j'ai réussi à la suivre et à l'enfermer dans la salle des tortures.
- Vous m'impressionnez, ma chère. Elle n'a opposé aucune résistance ?
- Aucune, elle croit que je suis son amie. Elle me croit en train de vous raconter qu'elle est partie avec Paulin, votre beau frère, afin de faire cesser les disputes entre les deux peuples voisins. Quelle naïveté, n'est-ce pas ?
- Je n'aurais pu mieux la résumer moi-même. Que fait Paulin dans cette histoire ?
- Et bien... Disons qu'elle a réussit à le convaincre de vous convaincre de convaincre tout le gouvernement de convaincre que la paix était profitable à tous, dit Annabelle en se tortillant, car elle n'aimait pas devoir dire que son ennemie s'était déjà entourée d'une personnalité importante.
- Oh. Ma femme ne doit pas le savoir. Comment faire ?
- J'ai déjà la solution. Il suffit de faire passer un avis de recherche de votre beau frère, de dire qu'une fée l'a enlevé, ainsi la tête de la jeune fille sera mise à prix, et il sera facile de l'éliminer. Qu'en pensez-vous ?
- C'est brillant, très chère, brillant ! Je ferais cette déclaration dès l'aube ! »

Raphaël frappa la roche de son poing avec rage. Il avait échoué. Lolartifice avait de nouveau disparut, et il n'avait aucune idée d'où elle était. La grande femme l'avait-elle déjà tuée ? A cette idée, les genoux du jeune Prince flanchèrent, et il se retrouva sur la pierre dure, Barboue à ses côtés, attendant des ordres. Reprenant ses esprits, il décida de repartir chez les Nains, et de se renseigner sur la mission qu'avait reçue Lolartifice. Tant de temps perdu... Bien que forts, les deux Cramoiz's montrèrent leur fatigue à la fin du premier jour de marche. Usant de friandises et de caresses, Raphaël réussit à les persuader de les ramener à bon port. Quatre jours plus tard, le jeune homme, qui commençait à s'ennuyer de ce voyage inutile qui s'éternisait, poussa un soupir de soulagement lorsqu'il aperçu le trou de verdure qui abritait le palais invisible.
Raphaël laissa les petites habilleuses le rendre présentable au Roi.
« Majesté, je sais que nous avons un Pacte. Mais le fait est que je n'ai pas trouvé celle que je cherchais, ce qui pose un problème. J'aurais besoin que vous me révéliez la nature de sa mission chez les Elfes, car je pense qu'elle est partie pour faire ce que vous lui avez demandé.
- Bien sûr, mon ami. Le Pacte n'a rien à avoir là dedans. Si il est nécessaire pour vous de la sauver, je me dois de vous répondre. Le c½ur compte plus que tout. Or, vous l'aimez, n'est-ce pas ?
- Euh... Oui. Plus que tout. Plus que le ciel étoilé, plus que la prunelle de mes yeux, plus que mon humble vie, plus que tout les trésors du monde, plus que...
- Oh, je pense que j'ai compris, jeune homme. Un seul « oui » m'aurait suffit. Je vous crois sur parole. Je lui ai demandé de s'infiltrer dans leur palais et de convaincre par tous les moyens possibles qu'une guerre n'était pas nécessaire, répondit le Roi, amusé.
- Merci ! Merci ! »
Le jeune Prince se mit à courir et sortit du palais, tel une furie. Il attrapa au passage un Cramoiz' qui broutait les cheveux d'un Nain parlant à un confrère, sauta dessus et disparut à l'horizon.

Pendant ce temps, Lolartifice sentait monter en elle le désespoir. Cela faisait trois jours qu'elle était enfermée. Annabelle n'était pas revenue, et la jeune fille s'inquiétait. Peut-être la femme brune avait-elle été emprisonnée ? Ou bien, l'avait-elle oubliée ? Ce qui l'intriguait le plus, était que la porte de la salle jaune avait été verrouillée. Ni le frère du Roi, ni la fée ne pouvait en sortir. Pourquoi était-elle séquestrée ? La faim l'affaiblissait, et elle devait rester assise pour ne pas sentir les vertiges qui la prenaient. Les questions se bousculaient tellement dans la tête de la jeune fille qu'elle n'entendit pas la porte s'ouvrir. C'était de nouveau Annabelle.
« Je suis désolée, ma chérie : des complications. Je n'ai pas le temps de t'expliquer, mais je reviendrai. »
Sur ce, la grande femme disparut de nouveau, laissant Lolartifice abasourdie. Désolée, elle tourna son visage vers le frère du Roi, qui semblait souffrir de la faim davantage qu'elle. Il était blême, et ses mains moites tremblaient. Cela faisait longtemps qu'ils n'avaient plus rien à se dire ; leur discours s'était épuisé, et leur ventre vide les obsédait.
Des cernes se creusaient sous les yeux verts de Lolartifice et sous ceux sombres de l'elfe. Cependant elle devait être forte. Pour une fois. Réussir quelque chose.
Annabelle relisait une dernière fois le discours que le Roi avait déclamé ce matin. C'était parfait. La jeune fée était présentée comme une criminelle des plus dangereuse. Un portrait qu'elle-même avait dessiné couvrait tous les arbres des environs. Ne restait plus qu'à servir Lolartifice sur un plateau. Se mouvant avec une grâce sans pareille, la jeune femme se dirigea vers la pièce jaune.

Raphaël galopait comme un fou sur son Cramoiz'. Arrivé devant le pont-levis du palais des Elfes, il vit les pointes des flèches prêtes à être tirées à travers les meurtrières du château. Aussitôt, il utilisa sa voix de velours et plus aucun danger ne le menaça, sans compter que le pont-levis s'abaissa. Il n'eut plus qu'à entrer, effacer les traces de son passage, et avancer en se demandant où il pouvait bien aller.
Longeant les murs dans les couloirs sombres, il ne s'arrêta que lorsqu'il vit une affichette, attachée autour d'un arbre, dans la cour qui lui faisait face. Prudemment il avança, puis arracha le dessin. Lolartifice. Il allait lui arriver malheur. Il rentra de nouveau dans le palais, déterminé à la trouver avant la garde royale, lorsqu'il reconnu l'ombre qui se faufila devant lui, jusqu'à une porte close. Discrètement, il s'approcha encore, quand son pied heurta une lance métallique qui était appuyée contre le mur. Il la vit tomber et, dans un élan désespéré, la rattrapa de justesse. Pendant ce temps, la silhouette élancée avait pénétré dans la pièce lumineuse. Le jeune homme plissa les yeux et distingua très vite Annabelle, soutenant Lolartifice. Cette dernière ne tenait pas sur ses jambes, et semblait flotter dans la tenue qu'elle portait. Elle regardait la femme brune, l'air de s'excuser de s'appuyer ainsi sur elle. Dans le sourire satisfait de la grande femme, le Prince reconnu immédiatement qu'elle était à l'origine de l'était de la jeune fée. Tout d'un coup, il ressenti un élan de haine et de rage. Difficilement, il le contint et observa la scène. Il était dur pour lui de ne pas se précipiter au secours de celle qu'il aimait. Annabelle aida Lolartifice à se déplacer jusqu'à une nouvelle porte. Là, toujours avec une grâce déconcertante, les mains fines et claires de la belle femme l'ouvrirent. Immédiatement, une flopé de soldat se déversèrent et attrapèrent l'adolescente, impuissante.
Raphaël ne pu retenir un cri de terreur, et, poussé pas l'adrénaline, il s'élança, jouant des coudes, des poings, et de persuasion si il le fallait, pour atteindre Lolartifice, qui, encore sous le choc, s'était écroulée. Ses frêles poignets avaient été ligotés, ainsi que ses jambes. Les gardes l'avaient même bâillonnée.
N'attendant même pas le temps propice pour s'évader, il la porta sur son dos, et débuta une course effrénée. Les soldats se lancèrent très vite à sa poursuite, et le Prince se dirigea au hasard, dans le dédale de couloirs obscurs. Tournant une fois à droite, une fois à gauche, il priait pour sortir enfin du château, quand devant lui se dressa une paroi, rien d'autre. Pas de porte. Pas de fenêtre. Un mur. Raphaël se retourna, vit les gardes venir, et les laissèrent le capturer, lui et la jeune fille. Tout juste libres et de nouveau prisonniers.
Lorsque Lolartifice sortit de son semi coma, sa première pensée fut de constater que son ventre était toujours vide. Elle avait entendu sa mère dire que lorsqu'on ne mangeait plus, l'estomac rétrécissait, et elle avait l'impression désagréable que le sien n'était plus qu'une noisette. Puis sa vision s'ajusta, et elle put distinguer des murs gris et suintant. Enfin, elle retrouva ses sensations, et ressenti le froid de la pièce, puis découvrit que ses bras étaient retenus vers le haut grâce aux fers qui encerclaient ses poignets. Elle comprit qu'elle était dans une cellule. Un soupir à côté d'elle la fit sursauter. C'était Raphaël. Ses yeux prouvèrent qu'il ne pouvait parler, mais il prit un air de repentant, et Lolartifice détourna le regard. Elle ne pouvait pas lui pardonner, comme ça, d'avoir essayé de la tuer sans même pouvoir en parler ! Quoi que... La jeune fille décida tout de même de discuter.
« Je... Je ne sais pas comment te dire ça, Raphaël. Ce que je ressens, c'est... C'est fou ! Je... Tu es le premier, qui... Je... Je ne sais pas m'exprimer ! Tu sais que... Je... Je t'aime. Mais ce que tu as fait, je ne pourrais jamais l'oublier, jamais. »
L'adolescente n'arrivait pas à poser les yeux sur le jeune homme, mais quand enfin elle le fit, elle perçu son chagrin. Il incarnait la sincérité ! De nouveau, la jeune fée baissa les yeux. C'était trop. Soudain, la porte du cachot s'ouvrit brutalement dans un grincement, et un elfe immense, au nez droit et pointu et aux oreilles tellement longues que leur pointe dépassait le haut de son crâne, fit son entrée. Il se plaça centre au centre de la petite pièce et toisa le jeune homme et Lolartifice...

# Posté le samedi 26 avril 2008 04:29

Modifié le vendredi 13 février 2009 04:28